La vie, issue de la glace ?

Depuis le 19e siècles, on soupçonne que la vie a peut-être eu son origine dans ce qu’il est convenu d’appeller la soupe primordiale, sous l’action des rayonnements ultraviolet, des éclairs et de la chaleur des volcans. On se rappellera, par exemple l’expérience classique de Urey et Miller.

Mais plus récemment, certains chercheurs, parmi lesquels Stanley Miller, le même Miller mentionné ci-dessus, ont commencé à mettre en doute la justesse des postulats de départ privilégiant le concept de soupe primordiale.

En effet, les plus récentes découvertes tendent à mettre en lumière un passé beaucoup plus froid pour notre planète.

Afin de découvrir quels processus auraient pu se produire sous des conditions beaucoup plus froides, Miller, dès 1972, se mit en remplir des fioles avec un mélange d’ammoniac et de cyanure qu’il laissa reposer à différentes températures entre -80 Celsius et 20 Celsius, pendant de nombreuses années, allant jusqu’à 25 ans.
L’analyse subséquente de certaines de ces fioles révéla l’apparition de molécules organiques parmi lesquelles des nucléobases, précurseures de l’ARN et de l’ADN, et des acides aminés, précurseurs des protéines.

Ces expériences ont mis en lumière un phénomène qui semble paradoxale: En effet, la vitesse des réactions chimiques est normalement proportionnelle à la température à laquelle elles se produisent. À -80° Celsius, une réaction chimique sera environ cent mille fois plus lente qu’à 20 Celsius. Ce qui normalement auraient dû empêcher l’apparition de résultats en 25 ou même 250 ans. Et pourtant, c’est parmi les fiols les plus froides que se révélèrent les matériaux organiques mentionnés plus haut.

Ce paradoxe est causé par un processus appelé congélation eutectique. Quand un cristal de glace se forme, il reste pur: Seules les molécules d’eau joignent le cristal grandissant, alors que les impuretés comme les sels ou le cyanure sont exclus. Ces impuretés se concentrent dans de microscopiques zones de liquide au sein de la glace, et cet accroissement de concentration provoque une augmentation du nombre de collisions moléculaires, augmentant ainsi la vitesse des réactions chimique, et ce de façon suffisante pour compenser pour la diminution de vitesse causée par les froides températures.

Source Did Life Evolve in Ice? sur Discover.

Via Life May Have Evolved In Ice sur Slashdot.